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Visite officiel duPrince Mohammed bin Nayef bin Abdulaziz Al Saud

Le Prince héritier décoré de la Légion d’Honneur

Paris, 4 mars 2016. Le président de la République Française, François Hollande, a décoré de la Légion d’Honneur le prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud, prince héritier, vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur, pour son action dans la lutte contre le terrorisme.

Mohammed bin Nayef - Emmanuel MacronCette cérémonie concluait la visite officielle en France du Prince héritier au cours de laquelle celui-ci a rencontré également le Premier Ministre Monsieur Manuel Valls et Monsieur Emmanuel Macron, Ministre de l’Economie.

Les discussions ont notamment porté sur la situation au Moyen-Orient, la lutte contre l’Etat Islamique, ainsi que sur les échanges économiques franco-saoudiens.

Cette remise de décoration a donné lieu à de nombreuses contreverses dans la presse française.

Voir nos commentaires ci-dessous

 

 

Nos commentaires

La presse française a largement critiqué la remise de la Légion d’Honneur à un dirigeant du Royaume d’Arabie Saoudite, notamment en raison de sa pratique de la peine de mort et du statut de la femme.

Une indignation sélective

Que de nombreux français s’indignent de voir encore des pays pratiquer la peine de mort, alors que celle-ci, non seulement n’a pas prouvé son efficacité dissuasive, mais rend irréversible les éventuelles erreurs judiciaires, est plutôt naturel. Ce qui l’est moins, c’est d’avoir l’indignation selective, et que cette indignation vise toujours les mêmes peuples.

S’il faut refuser de décorer les dirigeants des pays qui pratiquent les exécutions capitales, alors il faut aussi le refuser aux personnalités américaines, puisque les Etats-Unis continuent à pratiquer la peine capitale.

Il ne s’agit pas de faire de la comptabilité sordide, mais on est bien obligé de considérer les faits.En 2010, il y a même eu plus d’exécutions aux USA qu’en Arabie Saoudite : 46 contre 27. On arguera peut-être que comparé à la population du pays le nombre des exécutions est supérieure en Arabie, mais c’est oublier que la grande majorité des exécutions américaines ont lieu au Texas, qui possède à peu près le même nombre d’habitants que l’Arabie.

Certes, les  exécutions se sont accélérées ces dernières années, avec une forte pointe dès le début 2015.  Cela est dû à la logique de la croyance en l’exemplarité de la peine qui a conduit à condamner massivement les personnes impliquées dans les attentats terroristes d’Al Qaida et Daesh. Cette vision est assurément contestable, mais il ne convient pas non plus d’établir deux poids et deux mesures. Sans parler de la Chine et l’Inde qui arrivent en tête des condamnations à mort. La venue en France de dirigeants de ces pays ne soulève pourtant pas autant de protestations. Alors, pourquoi ?

Par ailleurs, l’indignation française ressemble à des larmes de crocodile, dans la mesure où une majorité de français, 52% lors du dernier sondage, est favorable au rétablissement de la peine capitale. On se souvient d’ailleurs que l’abolition de la peine capitale en France, sous l’impulsion de François Mitterrand et Robert Badinter, s’était faite contre l’avis de l’opinion publique.

 

La statut de la femme

« Le statut de la femme en Arabie Saoudite est contraire aux valeurs républicaines de la France ». Soit. Mais pensons que s’il lui avait fallu seulement compter sur les « valeurs républicaines », la femme française serait toujours considérée comme juridiquement mineure et n’aurait pas le droit de voter. Leur émancipation, les femmes françaises – et occidentales en général – ne l’ont pas reçue des institutions, mais l’ont gagnée de haute lutte, parfois au péril de leur vie.

Ecoutons les femmes saoudiennes qui demandent aux occidentaux, et aux occidentales, de les laisser mener leurs combats elles-même, sans leur donner de leçons. Elles souhaitent bien sûr obtenir la parité juridique avec les hommes, mais elles considèrent que le modèle occidental n’est pas le leur, et que, finalement, les femmes n’y sont guère mieux traitées. Elles souhaitent s’émanciper, mais  sans perdre le respect que leur octroie, précisément, la tradition arabo-musulmane, dès l’instant où celle-ci n’est pas oblitérée par des considérations traditionnelles obsolètes. La liberté des femmes ici et là-bas prend des chemins différents, mais qui visent finalement la même destination.

Les libertés ont été conquises par les peuples occidentaux après des siècles de combat. Après tout, l’Arabie Saoudite n’a qu’environ 80 ans d’existence. Et Rosa Parks qui refusait de céder sa place à un homme blanc dans un bus américain, ce n’était qu’en 1955…

 

 

 

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