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L'arabie pré-islamique

L’Arabie pré-islamique

C‘est à partir de la côte occidentale de la péninsule arabique, avec  la région désertique du Hejaz, autour de la ville de La Mecque, et  l’oasis de Yathrib, future Médine, que se dessinent les contours de la future Arabie en tant qu’entité politique. Cette région, bordée par la Mer Rouge, est le théâtre d’une forte activité commerçante, et sera appelée à être le berceau de l’Islam.

Ralph Stehly, Professeur d'histoire des religions, Université Marc Bloch, StrasbourgL’Arabie pré-islamique est peu peuplée. Essentiellement des nomades, et quelques populations sédentaires  à la Mecque et à Yathrib. Les conditions de vie sont difficiles. Sur un territoire majoritairement désertique, la vie s’organise autour des puits et points d’eau et d’activités telles que la culture de la datte et de l’olive, et l’élevage du mouton et de la chèvre. Le commerce est favorisé par la  domestication du chameau qui permet aux nomades de se déplacer et de transporter leurs marchandises.

L’Arabie pré-islamique n’a pas de réel rôle politique. Elle se contente de subir les assauts des deux grandes puissances rivales que sont  l’empire chrétien byzantin  à l’ouest, et l’empire perse sassanide, zoroastrien, à l’est. Chacune s’efforce de contrôler la région en nouant des alliances avec les tribus arabes dont certaines ont fondé des petits royaumes.

La structure sociale

Les bédouins

Bédouin (البدوي ) signifie en arabe « habitant du désert ». La vie bédouine se caractérise par une organisation en tribu et clans, et par un code d’honneur adapté à la dure condition de la vie dans le désert, notamment l’hospitalité, la protection des femmes et des plus faibles, le secours aux voyageurs, le courage au combat.

Les tribus et les clans

La structure sociale de base est la tribu, c’est-à-dire un groupe de personnes descendant d’un ancêtre commun, dont elles portent généralement le nom. Les tribus sont composées de sous-groupes familiaux, les clans.

La tribu occupe un territoire à l’intérieur duquel elle se déplace, et dont les limites peuvent se modifier au gré des relations avec ses voisins. Les tribus concluent d’ailleurs souvent des alliances entre elles pour former des « confédérations tribales ».

La tribu est régulée par un système de lois internes. La loi tribale a pour objectif de d’organiser les relations à l’intérieur de la tribu, et privilégie l’intérêt du groupe à celui des individus. Il existe toutefois une forte solidarité entre ses membres.

La tribu est dirigée par un homme d’âge mûr, et reconnu comme sage, le Cheikh ou Sayyid. Ce pouvoir ne se transmet pas forcément de façon héréditaire : au décès du chef, le pouvoir est souvent rendu à la tribu qui désigne son successeur.

C’est la filiation paternelle qui prime. On prend le nom du père, et c’est à travers le lignage paternel que s’effectue le rattachement à la tribu.

L’activité des tribus s’organise autour de 3 pôles : le commerce, l’élevage, la guerre. Le guerre est extrêmement codifiée, de même que les « razzias » menées contre les agriculteurs sédentaires présents autours de quelques oasis. Le sang est rarement versé, car la vie a du prix, et les longues périodes de trève permettent la tenue de marchés et la vente du bétail. Les tribus fournissent aussi guides et montures aux commerçants sédentaires pour le transport de leurs
marchandises.

Les religions pré-islamiques dans la péninsule Arabique

La religion traditionnelle

Du point de vue religieux, la période pré-islamique est désignée dans le Coran par le terme  » jâhilîya » ( جاهِليّة ignorance; paganisme). Elle est caractérisée par des croyances polythéistes, où sont vénérées de nombreuses divinités et idoles,appelées rabb ou rabba. Les plus connues sont al-Lât, déesse du soleil, al-`Uzzâ , idole  apparentée à Vénus, et Manât, déesse du destin et de la mort. Les Arabes anciens adoraient des arbres ou des pierres (bétyles = « pierres sacrées ») qui étaient considérés comme les demeures de ces divinités, ainsi que des animaux sacrés. Chaque tribu possède sa divinité privilégiée.

L’Arabie est jalonnée de sanctuaires et de lieux de pèlerinage, dont le plus célèbre, la Ka’aba se trouve à La Mecque. Avant la révélation mohammadienne, qui rappellera son origine abrahamique, ce sanctuaire réunit l’ensemble des divinités adorées par les différentes tribus. Plus de 360 idoles y sont présentes, et chacun peut y rendre culte à ses propres dieux, notamment au moment du mois de trève, où les tribus avoisinantes affluent en pélerinage. Cette activité religieuse constitue, pour les mecquois , une source importante de revenus, ce qui expliquera en partie leur réticence à l’égard du monothéisme.Tombeau nabathéen

On peut aussi mentionner les nabathéens, venus de Petra, peuple commerçant à la culture spécifique, qui fonde le site de Hegra, aujourd’hui Madain Saleh.

Le monothéisme

Le christianisme et du judaïsme se sont également développées sur le territoire arabe. Certaines tribus sont converties au judaïsme, notamment dans l’oasis de Haybar et à Yathrib, ou, dans une moindre mesure, au christianisme , surtout à partir du 3ème siècle après J-C, principalement implanté dans la région de Najran, aux portes du Yemen.

 

 

 

 

Quelques livres et documents à ne pas manquer…

Routes d’Arabie : Archéologie et histoire du royaume d’Arabie saoudite. Louvre Editions, 2010

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