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Divertissements : un vent de fraîcheur souffle sur l’Arabie

Cela faisait plus de 35 ans que les salles de cinéma avaient disparu du Royaume. Le 18 avril 2018, des spectateurs, sans distinction de sexe, ont pu assister à la projection du film “Black Panther”, réalisé par Ryan Coogler.

La choix du film, qui bat des records d’audience dans le monde, n’est d’ailleurs peut être pas tout à fait le fruit du hasard, puisque le super-héros Marvel dont il raconte les aventures est le jeune monarque d’un royaume africain imaginaire riche en ressources, dont l’énergie a suscité quelques parallèles avec le prince Mohammed ben Salman, grand initiateur du renouveau de l’Arabie Saoudite. Un autre blockbuster Marvel succédera à Black Panther: « Avengers : Infinity Wars ».

C’est la société américaine AMC Entertainement, détenue par le chinois Wanda, qui est la première entreprise à recevoir une autorisation d’exploitation. Adam Aron, son directeur général, ouvrira 3 salles supplémentaires dans les prochains mois, et espère, grâce à son association avec le fonds souverain saoudien Public Investment Fund, contrôler à terme 50 % d’un marché qui pourrait atteindre le milliard de dollars (820 millions d’euros) par an dans les prochaines années. En tout cas, le groupe devrait ouvrir d’ici 5 ans 40 salles multiplexes dans une quinzaines de villes, puis une centaine avant 2030. D’autres exploitants le rejoindront.

Vox Cinemas, propriété du groupe Majid Al Futtaim de Dubaï et principal exploitant du Moyen-Orient, ouvrira très prochainement un cinéma multiplex à quatre écrans à Riyad, et le premier cinéma IMAX du Royaume. Son ambition est d’investir 2 milliards de riyals (434 millions d’euros) pour ouvrir 600 écrans dans les 5 prochaines années. D’autres entreprises sont également sur les rangs, comme l’américain iPic Entertainment ou le britannique Vue Cinemas.

Pour la jeunesse saoudienne, il s’agit véritablement d’une nouvelle ère qui verra l’explosion de la culture et la fin tant attendue de la séparation hommes-femmes, au grand dam des ultra-conservateurs qui perdent progressivement leur influence dans un pays dont la moitié des habitants a moins de 25 ans et manifeste une irrésistible envie de changement.

C’est dans cette perspective, que, selon le Los Angeles Times, Mohammed Ben Salman a rencontré à Los Angeles les patrons de l’audiovisuel américain, dont Rupert Murdoch, Bob Iger de la Walt Disney Company, Stacey Snider,de la 20th Century Fox, Kevin Tsujihara, de Warner Bros, et Jeff Shell, d’Universal. Le ministre de la culture et de l’information, Awwad al Awwad, prévoirait, selon le magazine Variety, d’inviter le Cirque du Soleil et d’ouvrir à Ryadh , en collaboration avec Le National Geographic Explorer, le premier aquarium géant du Royaume.

Concernant le cinema, il existe un secteur, encore embryonnaire, qui mérite d’être promu, c’est la production nationale. Même pendant l’interdiction des salles, le cinéma saoudien avait déjà commencé à être reconnu internationalement. La comédie romantique « Barakah Meets Barakah » de Mahmoud Sabbagh a ainsi été projetée à la Berlinale tandis que l’excellent « Wadjda » de Haifaa Al-Mansour a été en 2013 le premier film national à participer aux Oscars du meilleur film étranger.

 

Un marché très prometteur

Ce développement des loisirs a été voulu par Mohammed ben Salman à la fois pour sortir la jeunesse saoudienne de l’ennui et pour des raisons économiques. Il fait partie intégrante de son plan Vision 2030, et pourrait atteindre les 20 milliards de dollars par an de contribution à l’économie saoudienne. Ce nouveau secteur pourrait générer 30 000 emplois directs, et plus de 100 000 emplois indirects.

Dans cette optique, une Autorité générale pour le divertissement, dirigée par Ahmad ben Aqil al-Khatib, a été créée en 2016. « L’objectif, c’est de récupérer une partie des 22 milliards de dollars (19,5 milliards d’euros) que les Saoudiens dépensent chaque année à l’étranger », expliquait Stéphane Lacroix, professeur à Sciences Po, et spécialiste de l’Arabie Saoudite à France 24. Jusqu’ici, les Saoudiens se rendaient dans les émirats voisins pour s’offrir les plaisirs du 7ème art.

L’Autorité pour le divertissement prévoit d’investir 64 milliards de dollars dans le secteur. Le sud de Riyadh devrait voir apparaître une « Entertainment City », qui occuperait 334 km², soit trois fois la superficie de Paris, avec des parcs d’attractions pilotés par Six Flags, des terrains de sport, des salles de concert, et même un parcours de safari. Lors de sa visite à Paris, le prince héritier a annoncé la construction d’un opéra et la création d’un orchestre en collaboration avec la France.

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